Les clubs espagnols envisagent une journée de grève du championnat pour protester contre un accord politique visant à supprimer le privilège fiscal dont bénéficient les stars étrangères les mieux payées du pays.
La Ligue de football professionnel (LFP) entend montrer ainsi sa farouche opposition à un accord politique annoncé mardi entre le parti socialiste au pouvoir (PSOE) et d'autres partis de gauche visant à modifier la "loi Beckham", qui permet aux étrangers les mieux lotis de payer moins d'impôts que les contribuables nationaux à revenus équivalents.
Les arguments des clubs espagnols sont les mêmes que leurs homologues français à propos de la suppression programmée du fameux Droit à l'image collective (DIC). Les clubs seraient en effet touchés de plein fouet par une modification de la "loi Beckham", du nom de l'international anglais David Beckham, qui a été l'un des premiers à bénéficier de cet avantage fiscal - 24% d'imposition contre 43% pour les nationaux - lors de sa signature au Real Madrid en 2003.
La ligue locale (LFP) a convoqué pour vendredi matin une assemblée générale extraordinaire «qui pourrait décider d'une journée de grève immédiate de la Liga», a déclaré son vice-président. «La grande majorité des clubs avec qui nous avons parlé sont d'accord», a-t-il assuré.
Une grève du championnat "serait une mesure qu'aucun contribuable ne pourrait comprendre, encore moins dans une situation de crise économique", a relevé la ministre socialiste de l'Economie, Elena Salgado. "Tout le monde doit se serrer la ceinture, y compris les footballeurs", a abondé le porte-parole parlementaire du PSOE, José Antonio Alonso.
Messi et Ronaldo pas concernés
Le parti indépendantiste catalan ERC a estimé que cette réforme, à laquelle il est favorable, rapporterait 100 millions d'euros annuels à l'Etat.
Si le Parlement adopte la modification, la nouvelle loi ne s'appliquerait qu'à partir du 1er janvier 2010 et elle ne serait pas rétroactive. Les contrats des Lionel Messi et autres Cristiano Ronaldo resteraient donc «en vigueur dans les mêmes conditions au cours des prochaines années, dans une limite de cinq ans», a expliqué la ministre de l'économie.Photo : Xavi, Leo & Keita