On ne présente plus Lionel Messi. Depuis son explosion sur la scène mondiale en 2005, le natif de Rosario ne cesse de monopoliser le feu des projecteurs internationaux grâce à ses feintes, ses buts et ses titres qui s'empilent. Il manquait toutefois une unité à son palmarès : le trophée de Joueur mondial de la FIFA. Enfin, jusqu'à aujourd'hui...
Dauphin en 2007 et 2008, le feu follet blaugrana a fini par obtenir la reconnaissance des joueurs et des entraîneurs au terme d'une saison qui l'a vu conquérir les six compétitions auxquelles il a participé. Fraîchement récompensé à Zurich, l'Argentin a partagé ses impressions en exclusivité avec FIFA. En restant fidèle à son style : avec humilité et simplicité.
Lionel, vous avez fini par obtenir le trophée pour votre troisième participation au Gala de Joueur mondial de la FIFA. Félicitations. Comment vous sentez-vous ?
Simplement heureux. C'est une superbe reconnaissance qui émane de mes partenaires et des entraîneurs. Elle a donc une valeur toute particulière. Le fait d'être le premier Argentin à l'obtenir est également un grand honneur.
Selon vous, quel joueur aurait pu le mériter davantage ?
Je pense que tous les joueurs de Barcelone qui étaient présents ce soir le méritaient pour tout ce qu'ils ont apporté à l'équipe pendant la saison.
Vous avez remporté toutes les compétitions auxquelles vous avez participé avec Barcelone et avez accaparé la majorité des récompenses individuelles. Quel bilan tirez-vous d'une saison aussi riche ?
La saison a été globalement très positive. Nous avons été irrésistibles collectivement et j'ai obtenu des récompenses à titre individuel. Naturellement, tout cela m'enchante, même si rien de tout cela n'aurait pu arriver sans mes partenaires. Ce trophée est aussi pour eux.
Quel souvenir vous a le plus marqué ?
Je n'oublierai jamais la finale de la Ligue des champions contre Manchester United. Pour tout ce que cela représente et aussi pour mon but de la tête, cela restera un match à part.
Xavi, Iniesta et vous-même avez tous été nominés. Les entraîneurs du centre de formation de Barcelone doivent se sentir flattés.
Oui, je pense. C'est une reconnaissance pour tout le travail qu'effectue le club avec l'équipe première et dans les catégories de jeunes. Tout ce travail porte ses fruits ce soir mais se reflète également dans l'effectif du Barça.
Vous vous êtes particulièrement distingué en cette année 2009 avec Barcelone. Au niveau personnel, peut-on dire que vous avez atteint le sommet de votre carrière ?
C'est vrai que cette saison a été spectaculaire. J'ai eu la chance de remporter des titres très importants, mais je ne veux pas m'arrêter là. Je suis encore très jeune et il me reste beaucoup de choses à vivre et à accomplir. On peut toujours continuer à évoluer.
Vous avez marqué dans quatre des cinq finales que vous avez disputées avec Barcelone. Il est indéniable que vous savez briller dans les moments importants.
Je ne sais pas vraiment. J'ai eu la chance de trouver le chemin du but lors des finales, c'est certain, mais tout cela résulte d'un travail collectif. J'ai seulement eu la chance de me trouver à la finition.
Vous avez vraiment connu une année de rêve...
Encore plus que ça ! Même dans mes rêves les plus fous je n'aurais jamais osé imaginer vivre une année aussi riche. Je vous assure.
Lors des qualifications mondialistes avec l'Argentine, tout n'a pas été simple...
En effet, ça a été très difficile. Cela a été compliqué mais nous avons accompli notre objectif. Désormais, nous avons du temps pour travailler, changer les choses en profondeur et arriver en Afrique du Sud dans les meilleures conditions. C'est ça qui est le plus important.
Vous avez très récemment publié une interview dans laquelle vous exprimez votre lassitude devant certains commentaires désobligeants, qui mettraient en doute votre attachement au maillot argentin. Toutefois, plusieurs journalistes argentins sont venus au Gala pour vous voir et les fans albicelestes ont manifesté leur enthousiasme pour votre nomination. Est-ce que cette situation vous conforte ou vous déçoit au contraire ?
Ni l'un ni l'autre...
Parlons de 2010. Qu'attendez-vous de l'année qui s'annonce ?
Ce sera une année importante pour plusieurs raisons. D'un côté il y aura le Mondial, que je souhaite gagner avec la sélection argentine. D'autre part, nous allons devoir défendre tous les titres que nous avons remportés avec Barcelone. Ce ne sera pas simple, dans la mesure où personne ne l'avait réalisé avant nous et où nous devons y parvenir pour la deuxième fois de suite. Qui vivra verra.
Vous avez mentionné la Coupe du Monde de la FIFA. Que pensez-vous du groupe dans lequel est tombé l'Argentine ?
C'est un groupe relevé, c'est sûr. Dans une Coupe du Monde, il ne faut jamais sous-estimer les autres sélections. Chaque équipe vient avec sa fierté nationale à défendre et ne fait aucun cadeau. Il va falloir être très vigilant pour franchir la phase de groupes.
Pour la petite histoire, l'Argentine n'avait jamais autant souffert pour se qualifier depuis Mexique 1986. On connaît la suite...
Si seulement l'histoire pouvait se répéter ! (songeur) En d'autres occasions, il est arrivé que l'Argentine soit favorite et passe rapidement à la trappe. Aujourd'hui, qui sait, c'est peut-être le contraire qui arrivera.Photo : Xavi,Leo & Iniesta